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Marcher en conscience : et si quelques pas suffisaient pour s’ancrer ?

Marcher en conscience : et si quelques pas suffisaient pour s’ancrer ?

Posté le 18/09/2026

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Chaque pas nous fait quitter un appui pour en retrouver un autre. Après une fracture, la marche consciente et...
2026-09-18T00:00:00+02:00
 

Lorsque nous parlons d’ancrage, nous imaginons souvent qu’il faudrait parvenir à rester parfaitement immobile, les pieds solidement posés au sol.

Comme si être stable signifiait ne plus bouger.

Pourtant, notre équilibre ne se construit pas dans l’immobilité. Il s’ajuste en permanence, à travers une multitude de mouvements que nous ne remarquons même plus.

La marche en est l’un des exemples les plus simples.

Marcher, c’est accepter un déséquilibre

Lorsque nous faisons un pas, notre corps quitte momentanément sa position d’équilibre.

Le poids se déplace vers une jambe.
L’autre pied se soulève.
Pendant un court instant, notre corps avance sans avoir encore retrouvé son prochain appui.

Puis le pied se pose.

Le corps se réorganise et retrouve un nouvel équilibre.

Marcher, c’est donc accepter de quitter un appui connu pour aller vers un autre qui ne l’est pas encore tout à fait.

Chaque pas contient ce passage :

un appui, un déséquilibre, un mouvement, puis un nouvel appui.

Nous vivons cette expérience chaque jour, sans même y penser.

Pourtant, lorsque nous ralentissons suffisamment pour l’observer, la marche peut nous apprendre quelque chose d’essentiel : l’équilibre n’est pas nécessairement un état fixe.

Il peut aussi être une capacité à s’adapter au mouvement.

Et si l’ancrage n’était pas l’absence de mouvement ?

Nous pouvons parfois associer l’ancrage au fait de tenir, de rester solide ou de ne pas vaciller.

Mais être ancré ne signifie pas être figé.

Un corps vivant bouge, respire, oscille et s’adapte continuellement à ce qu’il rencontre.

L’équilibre ne consiste donc pas à empêcher le déséquilibre. Il repose aussi sur notre capacité à retrouver un appui lorsque quelque chose bouge.

Cette expérience corporelle peut faire écho à ce que nous traversons dans notre quotidien.

Un changement, une décision, une émotion ou une période d’incertitude peuvent nous donner la sensation de perdre nos repères.

Nous aimerions parfois être certains de notre prochain appui avant même d’avoir quitté le précédent.

Mais, comme dans la marche, nous ne pouvons pas toujours avancer en gardant les deux pieds exactement au même endroit.

Faire un pas implique de quitter momentanément une forme de stabilité.

Cela ne signifie pas que nous allons tomber.

Cela signifie que notre équilibre est en train de se réorganiser.

Faire l’expérience de quelques pas

Alors aujourd’hui, essayez.

Si vos possibilités physiques vous le permettent, mettez-vous debout dans un espace où vous pouvez effectuer quelques pas en sécurité.

Prenez d’abord le temps de ressentir vos pieds en contact avec le sol.

Sans chercher à modifier votre posture, observez simplement la manière dont votre poids se répartit entre vos deux jambes.

Puis faites lentement un premier pas.

Percevez le moment où le poids de votre corps se déplace vers un pied.

Observez l’autre pied qui se libère du sol.

Remarquez ce très court instant de déséquilibre, puis le contact du pied qui vient se poser devant vous.

Accueillez ce nouvel appui.

Faites ensuite un deuxième pas, puis un troisième, en laissant votre attention accompagner le mouvement.

Arrêtez-vous quelques instants.

Observez comment votre corps retrouve sa stabilité.

Puis, si vous le souhaitez, faites tranquillement demi-tour et revenez de la même manière, en restant présente ou présent à chacun de vos pas.

Il n’y a rien à réussir.

Il s’agit simplement de ressentir comment le corps quitte un appui, traverse un mouvement et retrouve naturellement un nouvel équilibre.

La marche consciente en sophrologie

En Sophrologie Caycédienne, certaines techniques spécifiques nous invitent à vivre la marche de manière consciente.

La marche devient alors bien plus qu’un simple déplacement.

Elle nous permet de porter notre attention sur nos appuis, sur le mouvement du corps, sur notre présence et sur la manière dont nous avançons.

Dans le troisième degré de la Relaxation Dynamique de Caycedo, la marche peut notamment nous permettre d’expérimenter cette relation entre le corps, la conscience et le mouvement.

Nous ne cherchons pas à analyser chacun de nos pas ni à contrôler notre équilibre.

Nous prenons simplement le temps de vivre l’expérience et d’accueillir ce qu’elle fait apparaître en nous.

Un équilibre que j’ai moi-même dû reconstruire

Cet équilibre en mouvement, je ne l’aborde pas seulement comme sophrologue. J’ai moi-même dû l’expérimenter et le reconstruire.

À la suite d’un accident tout bête survenu dans un skatepark avec ma fille, je me suis fracturé la malléole et le péroné. Malgré le travail réalisé avec les kinésithérapeutes, j’ai perdu une partie de l’amplitude de mon pied et l’on m’a expliqué que je ne la récupérerais probablement pas complètement.

Dans mon quotidien, il m’arrive encore de perdre momentanément mon équilibre. J’ai donc dû apprendre à composer avec cette nouvelle réalité, mais aussi à chercher d’autres manières de retrouver de la mobilité et de la confiance dans mon corps.

C’est dans ce contexte que je me suis formée à la choréosophrologie, au moment même où je commençais également à pratiquer le tennis.

Je vivais alors au rythme de mes douleurs. Certains jours, mon corps me permettait de bouger davantage. D’autres jours, je réduisais les mouvements, je ralentissais ou j’adaptais complètement la pratique.

Je n’ai pas demandé à mon corps d’exécuter parfaitement les exercices. J’ai appris à partir de ce qu’il pouvait faire à cet instant.

Progressivement, parallèlement au travail effectué avec les kinésithérapeutes et à ma reprise d’une activité physique, j’ai pu retrouver davantage d’aisance dans mes mouvements. Plus mon corps évoluait, plus je pouvais approfondir la pratique de la choréosophrologie, toujours en respectant mes possibilités.

Cette expérience a profondément influencé ma manière d’accompagner aujourd’hui. Le mouvement n’a pas besoin d’être ample, rapide ou parfaitement exécuté pour avoir du sens. Il peut être adapté, parfois très discret, et partir simplement de l’endroit où la personne se trouve.

Une autre manière de l’explorer par la choréosophrologie

Cette relation entre l’équilibre, le déséquilibre et le mouvement peut également être vécue à travers la choréosophrologie.

La musique et le mouvement offrent alors une autre porte d’entrée.

Il peut s’agir d’avancer, de ralentir, de changer de direction, de déplacer le poids du corps, de s’arrêter ou de repartir.

Là encore, il n’y a pas de danse à réussir ni de geste parfait à reproduire.

La personne est invitée à percevoir ses appuis, ses ajustements et la manière dont son corps retrouve son propre équilibre à travers le mouvement.

La sophrologie et la choréosophrologie ne proposent pas nécessairement les mêmes formes de pratique, mais elles peuvent permettre d’explorer une même expérience : celle d’un équilibre vivant, qui ne repose pas sur l’immobilité, mais sur notre capacité à nous adapter.

La choréosophrologie peut ainsi constituer une porte d’entrée pour les personnes qui ont du mal à rester immobiles, dont le mental est très sollicité ou qui vivent avec un TDAH. Mais elle peut aussi accompagner, lorsque la situation physique le permet, celles et ceux qui souhaitent reprendre progressivement contact avec leur corps et retrouver de la confiance dans le mouvement après une période de douleurs prolongées.

Retrouver confiance dans le mouvement

Nous cherchons parfois à supprimer tout déséquilibre avant de nous autoriser à avancer.

Pourtant, notre corps nous montre chaque jour qu’il sait traverser ces instants de transition.

Il ajuste sa posture, mobilise ses ressources et retrouve un nouvel appui.

Prendre conscience de ce mouvement peut nous aider à porter un autre regard sur certaines périodes de notre vie.

Nous pouvons nous sentir momentanément déstabilisés sans être pour autant perdus.

Nous pouvons quitter un repère sans connaître encore parfaitement le suivant.

Nous pouvons avancer sans tout maîtriser, un pas après l’autre.

L’équilibre ne consiste peut-être pas à ne jamais vaciller.

Il réside aussi dans la confiance que nous pouvons progressivement accorder à notre capacité à nous ajuster.

Parfois, cela peut commencer simplement…

par un pas.

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Mais c’est en la vivant qu’elle prend tout son sens. » 

Mélanie Kieffer, Sophrologue Caycédienne & Praticienne en Choréosophrologie                                

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